ou à 80%, 50 % ou selon ses envies, les saisons ou autres ?

C’est un sujet largement débattu dont les réponses sont multiples et varient au sein des différents courants de crudivorisme.  Cette question, je me la suis posée de nombreuses fois, j’ai écouté de nombreux témoignages, et avec le recul et l’expérimentation sur moi-même,  voici ce qui pour moi constitue des éléments de réponse :

Je rappelle tout d’abord ce que j’entends par manger cru dans cet article: je parle d’aliments crus, d’origine végétale uniquement et majoritairement bio, et plus précisément d’alimentation vivante.

Pour répondre à la question « 100% cru ou non », il me semble nécessaire de répondre à la question fondamentale : « pourquoi manger cru, et qui plus est à 100% ? ».

4 raisons évidentes de manger cru

pour l’impact très positif de type d’alimentation sur la santé d’une manière générale, et c’est en général la première raison pour laquelle les personnes se tournent vers ce type d’alimentation

pour l’énergie accrue qu’elle procure : c’est un fait, manger un repas vivant élaboré selon les règles de l’art (notamment qui respecte un minimum les principes de combinaisons alimentaires, avec des quantités raisonnables, et qui comporte une bonne partie d’aliments vivants) demande moins d’énergie pour être digéré (on n’expérimente pas de « coup de barre » après le repas), et nous laisse donc cette énergie pour faire autre chose

parce qu’elle constitue une réponse efficace aux défis écologiques:

– des repas majoritairement crus nécessitent moins d’énergie pour les préparer (moins de cuisson) et les plats sont plus rapides à nettoyer (= moins d’eau et moins de produits vaisselle).

– quand on connait l’impact majeur de la production des protéines animales sur l’environnement, on comprend bien aussi que diminuer fortement sa consommation de protéines animales, voire la supprimer totalement est devenu indispensable pour préserver notre planète.

pour un mode de vie plus simple :

– le crudivorisme s’apparente souvent à un état d’esprit où l’on cherche à se rapprocher d’un mode de vie plus sain, plus simple et plus en phase avec la nature. Par ce type d’alimentation, on se tourne vers des repas composés d’aliments plus « authentiques » car peu transformés, et souvent rapides à préparer, peu chers et simples dans leur composition.

– à travers ce mode d’alimentation, on s’affranchit souvent, au moins en partie, de certaines conventions : conventions et traditions culinaires, conventions sociales liées au repas et à l’alimentation en général, aux règles « officielles » de la nutrition, … Avec ce temps gagné sur la préparation des repas, ce surplus d’énergie, et cet état d’esprit, c’est un tout autre mode de vie qui s’offre à nous. Quand on commence à franchir le pas et remettre en cause les conventions, on le franchit d’ailleurs dans bien d’autres domaines, et on devient à la fois plus libre d’esprit et plus responsable de sa vie. L’alimentation vivante n’est d’ailleurs souvent qu’une brique dans une démarche globale qu’effectue la personne.

impact de l'alimentation sur l'effet de serre

Faut-il pour autant manger 100% cru ?

Les bénéfices et avantages qui viennent d’être exposés tendraient à pencher vers le 100% cru, mais creusons un peu plus certains aspects:

pour l’impact très positif de cette alimentation sur la santé :

Il est maintenant bien connu qu’il y a d’autres facteurs que l’alimentation qui influent sur la santé. Ne focaliser que sur l’alimentation et oublier les autres risque fort à moyen terme de ne pas donner les résultats attendus.

– Etre stressé ou culpabiliser parce qu’on estime avoir dévié de sa ligne de conduite alimentaire peut être bien plus néfaste qu’ingérer des aliments cuits.

– Se couper de certains liens sociaux (fêtes familiales, repas entre amis, …) parce qu’on sait qu’il y sera difficile de respecter ses principes alimentaires, est pour moi une inversion de valeurs. Ceci ne veut pas dire qu’il faille tout accepter, mais juste trouver un équilibre et une limite acceptable : un repas partagé dans la joie est mieux qu’un repas hyper sain pris seul et triste. En ce qui me concerne, la limite que je me suis fixée est le respect du végétalisme, voire très exceptionnellement du végétarisme.

– Attention aux « lois » trop facilement établies comme « tout ce que est cru est meilleur que le cuit ». C’est bien sûr faux. Je me rappelle de repas 100% cru bien plus indigestes que certains plats cuits. C’est souvent le cas pour les plats crus qui ont pour ingrédients de grande quantité de noix (amandes, noix de cajou,…). Je pense également que « cuit et bio » est parfois préférable à « cru et non bio»

-Il est communément admis que manger 70 à 80 % cru permet de maintenir un système immunitaire performant (c’est d’ailleurs ce que recommande l’Institut Hippocrate). Si par contre on est confronté une maladie grave, manger 100% cru peut être une grande aide.

pour l’énergie accrue qu’elle procure

Certains aliments crus peuvent ne pas être adaptés dans certains cas. Notamment l’hiver s’il fait très froid, on peut ressentir un réel besoin d’aliments cuits, probablement à cause des calories et de la chaleur qu’ils procurent.

Certains aliments crus pris en hiver peuvent même renforcer ce besoin : l’hiver qui a suivi notre séjour au centre Hippocrate, nous avions continué à prendre très régulièrement des jus vert à base de jus de concombre (concombre + céleri + graines germées). Or le concombre est un légume d’été qui a pour effet de rafraîchir. En plus le jus était très froid puisqu’il était fait en quelques minutes à partir de légumes sortant du réfrigérateur. Dans l’heure qui suivait, j’avais envie d’aliments cuits et très chauds ! Et j’ai fini par me rendre compte que j’étais en train de me dévitaliser … Mon mari lui n’observait pas les mêmes effets. En fonction de la constitution de chacun, les besoins sont différents …

Il y a bien sûr des solutions pour l’hiver : on peut tiédir les soupes crues, laisser les salades se « réchauffer » à la température ambiante, … mais de temps en temps, en ce qui me concerne, ça ne suffit pas.

parce qu’elle constitue une réponse efficace aux défis écologiques

Pour continuer à manger 100% cru pendant l’hiver, certaines personnes ont recours à des fruits et légumes produits dans des pays chauds. L’intérêt écologique de cette alimentation est donc fortement diminué dans ce cas.

Il est pour moi important de consommer majoritairement des produits locaux, et en accord avec les saisons.

pour un mode de vie plus simple :

En France, on trouve très peu d’aliments ou plats crus à acheter prêts à consommer, contrairement à d’autres pays. Autrement dit, si on veut manger des plats crus un peu élaborés, il faut tout faire soit même, et avoir le temps pour le faire. Avec les modes de vie bien remplis que bon nombre d’entre nous avons, il n’est pas toujours simple de trouver ce temps. On se contente donc souvent de plats crus très simples et rapides à préparer, et de temps en temps, on peut avoir envie d’autre chose. Parfois le choix d’un plat cuit peut répondre à ce besoin pour de multiples raisons, et notamment celle bien justifiée de se simplifier la vie, pour donner priorité à d’autres choses.

Alors faut-il manger cru à 100% ? La seule réponse évidente pour moi est que manger cru n’est certainement pas un but en soi, mais juste un moyen ! A partir de là, à chacun d’utiliser comme il veut ce moyen de manière réfléchie pour réaliser ses objectifs et vivre pleinement !

Ceci n’est bien sûr que mon point de vue. N’hésitez pas à partager vos points de vue et témoignages en laissant un commentaire.